Vaccination Anti-HPV
L'infection par les papillomavirus humains (HPV) est majoritairement responsable du cancer du col de l'utérus. Il apparaît au second rang dans le monde et au 8 ème rang en France des cancers féminins, en terme d'incidence et de mortalité.
Les mesures de prévention avaient recours au frottis cervico-vaginal pour dépister précocement les lésions pré-cancéreuses, ce dernier s'associera désormais au vaccin contre les HPV.
Depuis peu, deux vaccins sont en effet disponibles et remboursés. La vaccination est systématique chez les jeunes filles de 14 ans. Elle est recommandée chez celles de 15 à 23 ans n'ayant pas encore eu de rapports sexuels et doit être effectuée au plus tard dans l'année suivant les rapports.
Il incombe désormais au corps médical de marteler ces mesures de prévention associant frottis et vaccin. Le succès de cette vaccination anti-HPV reposera sur les campagnes d'informations médiatiques et sur l'engagement du médecin généraliste, professionnel de santé en première ligne pour l'information, la prescription et la réalisation de ce vaccin.
Acceptation des mesures de prévention
D'après une étude réalisée chez un panel d'omnipraticiens, la grande majorité prend son rôle à cœur et considère que la prévention et le dépistage de cette pathologie représentent une préoccupation importante. Cependant, le dépistage par frottis n'est pas toujours réalisable: refus de la patiente, manque d'informations sur son utilité, préférence du gynécologue pour effectuer l'acte (ou méconnaissance de l'habilité du médecin généraliste à le réaliser).
D'autre part, les ¾ des omnipraticiens pensent que les adolescentes ne sont pas assez informées sur les IST (infections sexuellement transmissibles), le cancer du col de l'utérus et sa prévention et ¼ estime ne pas avoir été suffisamment informé sur l'HPV durant leur cursus universitaire.
De manière générale, ¼ des médecins généralistes estiment ne pas pouvoir réaliser la vaccination comme recommandé. En effet, la population adolescente consulte peu, le médecin dispose alors de peu de temps pour en parler (en fin de consultation) et la vaccination est souvent réalisée après la 1ère année de vie sexuelle.
La vaccination
Le Papillomavirus disparaît en général spontanément mais persiste chez 20% des femmes, favorisant un cancer du col de l'utérus.
La vaccination anti-HPV est donc indiquée chez les jeunes filles de 14 ans et recommandée chez les jeunes femmes de 15 à 23 ans n'ayant pas eu de rapports sexuels ou au plus tard, dans l'année suivante. Elle doit être encouragée, le rapport bénéfice/risque est en effet largement positif.
Deux vaccins sont désormais disponibles et remboursés:
Gardasil® (laboratoire Sanofi-Pasteur-MSD) : il est recommandé préférentiellement par les autorités de santé. Ce vaccin quadrivalent confère une protection contre les Papillomavirus de types 16, 18 qui induisent le cancer du col de l'utérus et les types 6 et 11 qui induisent des condylomes accuminés et des verrues vulvaires. Il bénéficie d'une excellente immunogénicité (capacité du vaccin à induire une réponse immunitaire) et d'une bonne tolérance.
Cervarix® (laboratoire GSK) : ce vaccin bivalent protège uniquement des types 16 et 18 (cancer du col de l'utérus).
Lors de la vaccination, le médecin généraliste doit associer 3 conseils :
Continuer à réaliser régulièrement des frottis cervico-vaginaux.
Continuer à utiliser le préservatif.
Ne pas oublier la prévention des autres IST.
La mise en place de la vaccination
La vaccination a été acceptée et adoptée par la plupart des médecins généralistes. Les campagnes d'informations dans les médias ont porté leurs fruits. Ces actions médiatiques ont permis de faire prendre conscience aux femmes du problème de santé publique soulevé et ont certainement favorisé l'acceptabilité du vaccin.
Quoi qu'il en soit, pour continuer à diminuer l'incidence de ce cancer, le dépistage par frottis devra être amplifié et réalisé régulièrement. De même, les campagnes d'informations à destination des omnipraticiens et des patientes devront s'intensifier.
Bibliographie
- Avis du comité technique des vaccinations et du CSHP de France (section maladies transmissibles) relatif à la vaccination contre les Papillomavirus humains des types 6, 11, 16 et 18. sur www.sante.gouv.fr
- G. Pelissier, F. Bastides. Vaccination anti-HPV. Revue du praticien. 2008 Dec15;58(19):25-31.
- Dr. C. Chatelet-Bekka. Deux vaccins remboursés. Aim. 2008 Sep-Oct;137:31.
Medqual, CHU de Nantes, Hôpital Saint Jacques, 85, rue Saint Jacques 44093 Nantes Cedex 01 - 17 février 2009